Tôt ce matin, l’émotion était très forte et j’ai écrit ces quelques lignes, pendant mon trajet dans les transports en commun, sur cette nouvelle nuit cauchemardesque. Comme lorsque j’avais voulu rendre hommages aux victimes des attentats de Paris (« Paris pleure sur les réseaux sociaux »), j’ai hésité avant de publier ce texte très personnel. Ces lignes sont un hommage aux trop nombreuses victimes innocentes des attentats. Nous sommes une nouvelle fois plongés au cœur de la barbarie mais malgré l’angoisse et les pleurs il est important de penser aux victimes, aux blessés et à leurs familles. L’inhumain vient encore de frapper et je ressens une immense tristesse.

Nice est une nouvelle victime

    

A Nice de nouvelles victimes innocentes

Après Paris, Bruxelles et tant d’autres dans le monde, la barbarie a fait de nouvelles victimes à Nice. Passer en quelques instants de cette fête de la liberté, de l’égalité et de la fraternité à ces visions cauchemardesques est terrifiant. Une nouvelle fois les réseaux sociaux nous ont plongé au cœur de ces scènes monstrueuses où nous percevons instantanément l’abomination que vivent les victimes. Voir ces photos de morts et de blessés, ces films de personnes qui cherchent à se mettre à l’abri, nous plonge dans un autre monde de crainte et de tristesse. Après ces évènements, nos nuits furent envahies de cauchemars et de pensées pour ces victimes et leurs familles. Une nouvelle fois nous sommes nombreux à avoir été submergés par les larmes et par ce sentiment d’incompréhension.

La crainte d’un attentat
Il y a quelques jours, je me suis retrouvé dans un lieu qui, soudainement, a été bloqué par une alerte attentat sur le périmètre. Pendant, une heure nous avons été isolés sans savoir si l’alerte était réelle ou si elle n’était qu’un test. Nous n’avions aucune autre information que celle que nous avions interdiction de sortir et qu’il y avait un risque. Pendant une heure, nous avons regardé sur les réseaux sociaux s’il y avait vraiment une alerte. Pendant une heure, nous nous sommes demandés si nous devions prévenir nos familles, les alerter de ce risque qui pouvait, peut-être, se transformer en cauchemar. Nous nous demandions s’il fallait les inquiéter … si tout cela était vrai ou faux … Nous avions envie de les embrasser au cas où… de leur dire que nous les aimions… Ces instants furent terribles et nous ont montré que le danger pouvait survenir partout … à n’importe quel moment … et que personne ne pouvait se sentir à l’abri.

La barbarie en direct
A Nice, cette nuit, ce ne fut pas une alerte. Malheureusement, une nouvelle, fois les réseaux sociaux nous ont plongé au cœur de la barbarie. Vivre de nouveau en direct un attentat fut un cauchemar car les réseaux sociaux nous livrent à chaque fois ces évènements non filtrés. Je n’ai pas pu regarder ces images et ces vidéos qui étaient diffusées en direct et qui montraient des victimes. C’était trop dur.
Rapidement, j’ai voulu avoir confirmation de la réalité de ces évènements sur les chaines d’informations. Elles continuaient à diffuser en direct le feu d’artifice de Paris en signalant les évènements par un simple bandeau. Le contraste était terrible entre la liesse d’un côté et l’inquiétude qui ne cessait de se propager de l’autre. Une nouvelle fois des barbares nous faisaient vivre un cauchemar bien réel. A chaque instant, nous espérions que tout cela allait s’arrêter, que ce sang versé était irréel. Il n’en fut rien car les réseaux sociaux nous plongent bien dans la vraie vie en direct. Quand un tel événement se produit, une boule serre notre gorge et notre cœur et, pendant de longues heures, nous sommes inquiets pour tous ces inconnus qui sont touchés, pour nos familles, nos amis (virtuels et réels) qui vivent dans ces régions et pourraient avoir également été atteints.

L’entraide en direct
Rapidement, les réseaux sociaux s’organisent. De nombreux humains s’entraident sur place et les réseaux sociaux font tout pour apporter un peu d’aide à distance. Ainsi, le hashtag #PortesOuvertesNice s’est rapidement développé pour proposer de mettre à l’abri le plus de personnes possibles. Dans ces instants de chaos, la résistance s’organise de plus en plus rapidement et montre à ces barbares que les français ne se laisseront pas abattre, que la fraternité et la solidarité sont des valeurs qu’ils défendront en tout temps, que l’entraide est dans leurs gènes.

Le réveil
Qu’il est difficile de se lever après une telle nuit de cauchemars, qu’il est difficile de reprendre le rythme d’une vie normale, qu’il est difficile de se reconnecter aux réseaux sociaux pour y découvrir une nouvelle fois ces visages de personnes disparues dont les proches sont sans nouvelles. Comme lors des précédents attentats, il est terrible de constater que l’absence de communication avec un être peut signifier sa disparition ou de graves blessures. A l’ère de l’ultra connexion, et de l’ultra communication, les avis de recherche avec #RechercheNice se sont multipliés. De nombreux visages souriants, plein de vie défilent sur nos écrans et nous espérons tous que de bonnes nouvelles les concernant arriveront. Plus de 80 victimes, de nombreux blessés, c’est une nouvelle fois beaucoup trop.

La suite …
A chaque attentat nous espérons ne jamais revivre cela car cette barbarie est d’un autre âge. Choisir cette soirée de fête de la liberté pour assommer une nouvelle fois notre pays est effroyable. En quelques instants nous sommes passés de la joie aux pleurs. Une nouvelle fois nous nous relèverons et sècheront nos larmes mais jamais nous n’oublierons tout ce sang versé.
Ayons tous des pensées pour soutenir les familles dont des proches ont disparu, ayons tous des pensées pour toutes ces personnes dont nous sommes sans nouvelles, ayons tous des pensées pour toutes ces personnes blessées qui souffrent. Aujourd’hui, à Paris, nous avons tous des larmes aux yeux en pensant à vous.

    

Nice est une nouvelle victime