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Extrait du livre blanc « L’accès à l’information et aux Réseaux Sociaux rend-il plus innovant.e ? »
Texte de Stéphane Girardot

Le seul accès à l’information et aux réseaux sociaux ne suffit pas à nous rendre créatifs

C’est en 1997 que paraît The Innovator’s Dilemma. Cet ouvrage, signé par Clayton Christensen, professeur à la Harvard Business School est le premier à parler d’innovation disruptive. Une innovation est disruptive en ce sens où elle créé une discontinuité. Loin d’être une amélioration ou un changement marginal l’innovation disruptive change la donne : c’est une innovation de rupture.
En 2018, on mesure combien Christensen était visionnaire en décrivant aussi tôt ce à quoi nous assistons de nos jours : une nouvelle révolution et un changement profond de notre société. Désormais il semble impossible d’aborder l’innovation – qui est le sujet de ce livre blanc – sans penser rupture, disruption voire « ubérisation ». Pour autant, l’innovation recouvre un spectre beaucoup plus large que les seules (et surtout très rares) innovations disruptives. Lorsque l’on s’interroge sur l’influence de l’accès à l’information et des réseaux sociaux sur notre capacité à innover, il nous faut humblement considérer l’innovation comme recouvrant une large gamme de processus et pas uniquement l’éclair de génie qui nous conduirait à inventer la machine à vapeur, internet ou l’ordinateur quantique qui, appel aux candidats, reste à inventer !
L’innovation, conçue suivant ce sens large, nous concerne alors tous. Une innovation peut s’inscrire dans la continuité de ce qui se faisait avant, une simple mais efficace amélioration marginale. Cela fait de nous tous des innovateurs en puissance. Modifier les répertoires de son disque dur c’est innover. Préparer une présentation destinée à son équipe ou à son responsable en modifiant le modèle établi c’est innover. S’attaquer à une refonte tarifaire avec un regard neuf c’est encore innover. A bien y réfléchir, nous innovons tous.
De nos jours, nous avons tous accès à une quantité d’information colossale. Une simple requête sur un navigateur internet, une question posée à la volée à son smartphone et l’on obtient quantité de liens, de documents, d’images. Les réseaux sociaux aiguillonnent notre intérêt pour l’information. A de multiples reprises les tweets et autres posts viennent stimuler notre cerveau, suggérant de s’intéresser à tel ou tel sujet. Par comparaison d’avec les années 70 ou 80 où il fallait se rendre à la bibliothèque de son quartier et plonger dans l’édition papier d’une encyclopédie, la vitesse, la précision et la quantité d’information ne sont pas comparables.
Si l’on prend une approche positive cette manne d’information va stimuler davantage nos petites cellules grises et potentiellement faciliter notre processus créatif. De quoi nous écrier Euréka ! plusieurs fois par jour. Cette démocratisation de l’innovation via l’accès à l’information est exaltante.
Si l’on écoute les adeptes d’une approche moins positive on peut qualifier cette masse d’information de « bruit ». Nous baignons dans une masse d’informations dans lequel seuls les gros titres surnagent et au final peu de sens émerge. De plus, le fractionnement de nos raisonnements induit par le multitasking fait que nous ne menons que rarement un raisonnement continu pendant plus de dix, vingt ou trente minutes. Or, si un pianiste ne fait pas ses gammes consciencieusement, si une danseuse ne travaille pas assez longtemps à la barre, si un mathématicien ne prend pas le temps de développer comme il faut un raisonnement jusqu’à son terme, le pianiste ne jouera pas correctement, la danseuse ne réussira pas ses pas et le mathématicien n’écrira pas CQFD à la fin de sa copie.
En conclusion il nous apparaît que pour bénéficier de l’influence positive de l’information et des réseaux sociaux sur la créativité quelques règles s’imposent à nous. Tout d’abord nous devons conserver un certain recul et être capable de nous sevrer de ce flux continu. Couper téléphone, TV connectée et ordinateur ou les laisser à la maison et partir en randonnée (ou simplement aller promener son chien) peut nous permettre de donner à notre cerveau le temps d’ordonner l’information reçue. Laisser dériver son esprit, lire un livre, réapprendre à n’être que contemplatif. Se plonger totalement comme un enfant dans un jeu … Tout cela peut permettre à nos petites cellules grises de faire leur travail et de faire émerger une innovation aussi modeste soit-elle.

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